Ca fait du bien de parler ou plutot d'écrire pour ne rien dire, vous ne trouvez pas? C'est exactement ce que j'ai envie de faire ce soir. Juste me laisser aller, m'abandonner a mon style littéraire, oui il parrait que j'ai du style, c'est la prof de philo qui me l'a dit. Donc j'ai du style. Peut être pas du Balzac, Flaubert doit encore être loin et Hugo reste innaccessible mais il parrait que j'ai du style. Ca me sert à raconter tout un tas de trucs. Je raconte les mêmes choses que les autres là n'est pas la question, mais il parrait que la formulation, l'agencement des mots, l'utilisation du vocabulaire est telle que mes textes sont différents. On les dit fluides, moi franchement je ne fais pas très attention à ca quand j'écris, je me contente de prendre mon stylo et de me laisser guider aveuglément. Cela vous arrive-t-il? Vous savez cette sensation...
La feuille est face à vous, vierge, elle n'attends plus que le déclic, ce petit déclic qui vous fait commencer un texte exactement comme j'ai commencé ce texte. Vous êtes là, dominant cette pièce rectangulaire sur laquelle vous vous apprêtez à apposer votre plume. Sorte de sceau qui rendra votre écrit unique. Unique par sa caligraphie, son vocabulaire, son scénario. Et pourtant vous êtes là, impassible, attendant veinement ce déclic qui ne vient pas. Que faire? Vous prenez conscience peu à peu de la gravité de la situation, vous êtes là, seul, face à ce morceau de papier mais vous êtes totalement dépourvu d'inspiration, comme mis à nu d'un vêtement que vous ne sauriez trouver. Vous sentez peu a peu une sueur vous gagner. Elle parcours votre corp telle la menace d'un revolver pointé sur vous. Que faire? se laisser aller, exactement comme je le fais pour vous en ce moment.
Il n'y a pas 5 minutes je ne savais quoi raconter, et je vous avouerais que vous êtes les seuls à pouvoir connaitre la fin à l'heure où vous lisez ces lignes. Mais c'est tellement agréable. Je suis là face a mon clavier. Je me laisse aller. J'aurais préféré une feuille de papier, quadrillée ou non l'importance n'existe pas, mais le numérique a détrôné peu à peu nos anciennes méthodes. Le numérique nous a privé de cette sensation unique, la main carressant la feuille, premier contact avant un duel dont l'écrivaint espère sortir vainqueur. Il prends son glaive. Fixe son adversaire. Tire son premier coup. Son adversaire gît, immobile. Le combat semble tourner en la faveur de notre gladiateur. Glaive en main il domine son adversaire, promenant son arme sur ce corp innerte.
Ne trouvez-vous pas fantastique cette métaphore? Moi oui et en toute modestie je ne dis pas ca parceque c'est moi qu'il l'ai trouvée tout seul. L'écrivain est là face à sa feuille, tel un gladiateur affrontant l'animal. Le combat s'engage. L'écrivain se laisse porter par sa plume, exercant moultes volutes, dominant la feuille. La suite? A vous de me le dire! Oui j'ai la flemme de l'écrire, de l'imaginer. Cela aussi peut arriver, on ne le souhaite pas mais si l'envie d'écrire existe il existe aussi la flemme d'écrire et je vous avouerais que je l'ai un peu pour se passage. Ce n'est pas cette inspiration qui ne vient pas, juste pas envie de creuser mes idées à la noix. Mon cibouleau surchauffe. Je suis en surrégime. Vous n'aimez pas cette flemme? Je vous emmerde. Je vous emmerde, c'est comme ca et pas autrement. C'est bien joli de raconter n'importe quoi pendant des heures. Mais là pas envie. La flemme.
Cela fait quand même du bien de se laisser aller. Je ne parle pas de lâcher ses états d'âme devant tout le monde, simplement prendre un peu de temps et écrire. N'imaginez pas d'histoire, pas de début, pas de fin, encore moins de personnages. Non. Simplement une feuille, un stylo et votre conscience. Il est des gestes libérateurs. Celui-ci en est un.
Merci